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impulsion


 
Un reflet au sortir du chaos comme qui dirait respire depuis que le corps ne court plus. Trois temps. Lumière s’engouffre. Corps à bout de souffle, s’écrit l’aventure. Tout ce qui syncope et rythme les pas d’un qui aurait la voix rocaille d’un allumeur de sèches. Rue, ni longue ni large, pas rue vraiment, ruelle, venelle, pas impasse pour autant, pas-de-porte à vendre ici. Qui vient ? La voix cette voix quelle voix ! Je bredouille au corps avachi ce qui lance, orteil, genou, oreille. Corps qui ne répond. Corps qui escompte, son courage à revendre. Corps qui me remonte d’ailleurs, des strates et des strates non localisées, mais corps se dessine ; un autre, au moins un autre sinon deux cents, comment faire le tri ? qui est je face à vous ? lequel d’entre ? Corps avachi n’a pas de nom mais fait unité, pas compliquée ma vie à côté de ton trois tiers à étendre, qu’il dit. Corps avachi à peine éclairé dans la ruelle. Le mien, le seul qui dit je, aimerait le dire plus souvent mais ne peut : embouteillage à la sortie. Ruelle s’enfonce, une ampoule éclaire le crâne chauve, fermées les issues, bouches, aérations, tu clopes mais corps avachi s’endort. C’est l’heure pour lui de se faire antre, terrier, nid, fosse, refuge, caisse, panier, cage, niche, et une autre heure approche, celle d’après le corps avachi, disparaissant dans la rue élargie soudain (la mémoire, pas encore ça, non, souvent fausse), et là un je sorti du chapeau doit prendre acte, température et décisions. Pause avant impulsion tandis que la rue s’allonge, le corps se redresse et les cheveux repoussent. C’est l’heure.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le lundi 3 juin 2013