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sortir

Ça ressemble à un salon du livre, à un salon de la revue, quelque chose comme ça. Je discute avec quelqu’un qui dit me connaître (un auteur) quand je réalise que mon sac à dos a disparu. On se rapproche de la fin du salon. Il n’y a plus beaucoup de monde, je cherche le sac partout. J’en déniche un qui lui ressemble, l’ouvre et retrouve le gars à qui il appartient. Je me mets à déraisonner quand je réalise que mon billet de train est dans le sac, et la carte bleue, et mes carnets, et mes clés. Il ne me reste plus que mon téléphone mais qui appeler et quoi demander ? Bizarre que la personne à qui je pense à ce moment-là soit V, ma petite amie du lycée. On dirait que je suis revenu en arrière. En même temps je parle de projets actuels. D’ailleurs je discute maintenant avec cet auteur qui dit s’appeler Fabrice, Fabien ou Philippe (je ne suis pas sûr du troisième prénom). Nous marchons ensemble un moment, il me demande où j’en suis mais quand je lui réponds qu’un de mes textes fait partie du catalogue de publie.net il commence à regarder ailleurs. J’insiste, me ravise et il disparaît. Alors je cherche le bureau des objets perdus mais je ne me souviens plus de ce nom-là : objets perdus. Je cherche le mot. Sans lui je pense ne jamais pouvoir retrouver le bureau et encore moins mes affaires. Puis je comprends que c’est le bureau des objets trouvés que j’ai perdu. Je confonds trouvé et perdu en errant d’une pièce à l’autre, au milieu de gens. Je traverse des salons bourgeois, une cantine, un bar branché, une pizzeria, rien ne va ensemble et je n’ai toujours pas quitté le salon du livre ou de la revue. Soudain je pense à Paul Auster, je me dis que je vais écrire quelque chose à partir de cette histoire pour ne pas sombrer. Me revient son Carnet rouge lu à 20 ans. Il y avait une dédicace. Une histoire de brouille. Pas avec l’auteur mais avec celui qui me l’avait offert. Et la clé est dans cette dédicace mais quelqu’un dit qu’il ne comprend pas que personne n’ait pensé à voler les fichiers des éditions de Minuit. J’oublie Auster et continue à me demander ce que mon sac contenait à part ma carte bleue, mes carnets et mes clés.
 
(le billet de train)
 
Sortir il faudrait mais le rêve ne me dit pas comment.


_Photo : Paris, 15 novembre 2012
 
_Le projet de GRAINS D’INSTANTS est de remonter le temps en images à partir du 18 avril 2012 où j’ai posté mon premier instantané sur le réseau social Instagram, en reprenant ou en modifiant les légendes et, en suivant son évolution, de voir ce que peut créer ce décalage spatio-temporel. Pour en savoir plus sur cette rubrique, suivez ce lien. Parallèlement à ce projet je continue d’alimenter mon carnet d’instantanés sur Instagram où je poste désormais (sauf exceptions) une photo légendée par jour.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le dimanche 1er décembre 2013