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quotidiennes LV (14/s49-51)

_goutte-à-goutte
#montreuil #parlavitre #regardeleciel #gouttes #reflets [1]

 
 
 
 

_chercher le clown
#paris #ruedufaubourgsaintantoine #charlot #tati #streetart #pochoir [2]

 
 
 
 

_avant le spectacle
#paris #cirqueélectrique #scène

 
 
 
 

_après la séance
#bagnolet #ciné #tours #archi #troisgénérations

 
 
 
 

_en chemin, avec les Vies antérieures de Gérard Macé
#montreuil #parc #guilands #colline #lecture #GérardMacé [3]

 
 
 
 


_Photos : Montreuil, Paris, Bagnolet (du 1er au 21 décembre 2014)
 
_Le projet de GRAINS D’INSTANTS est de remonter le temps en images à partir du 18 avril 2012 où j’ai posté mon premier instantané sur le réseau social Instagram, en reprenant ou en modifiant les légendes et, en suivant son évolution, de voir ce que peut créer ce décalage spatio-temporel. Pour en savoir plus sur cette rubrique, suivez ce lien.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le dimanche 1er mai 2016


[1De haut en bas, ce qu’on voit, ce qu’on entend, ce qu’on devine : le soleil, les gouttelettes de pluie, les pas dans l’escalier, le corps lourd. Le premier, malgré l’heure proche du coucher, sèche les traces sur la vitre laissées par les secondes tombées les unes après les autres et qui ont formé une ligne d’eau sans poissons ni pêcheurs sur le rebord de la fenêtre ; pour le reste, ce ne sont qu’intempestifs va-et-vient, d’un étage à l’autre, de jour comme de nuit, à la recherche d’une lumière lavée et dans l’attente d’une cicatrisation depuis que la peau laborieuse a été retournée par des pressions trop ordinaires – le goutte-à-goutte de nos vies.

[2J’avais longtemps hésité : Chaplin ou Tati ? Longtemps hésité aussi à prendre ce pochoir sur le mur contemplé de longues minutes le long de la rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris.
Du temps a passé. Quand je suis revenu au même endroit, le pochoir avait disparu ; un rectangle de peinture le recouvrait désormais, une teinte légèrement plus claire que celle du mur cachait le clown – comme celui qui désespère en moi et donne parfois des coups de canne ou de parapluie dans le dedans du dedans. Que faisais-je là sur le faubourg ? Qu’importe me dis-je dix-huit mois plus tard, peu importe où se rendait le promeneur ! La deuxième fois, je n’ai pas pensé à photographier le clown absent.

[3Gérard Macé, Vies antérieures, Gallimard, coll. Le Chemin, 1991 :

« (...) nous écrivons pour nous loger dans le corps d’un autre, et pour vivre en parasites dans l’un des trous creusés par la mémoire. » (p. 14)

« La mémoire est une maison hantée à laquelle nous heurtons en rêve – une maison dont nous sommes à la fois le visiteur et le fantôme. » (p. 20)

« Nous écrivons depuis comme on trafique le long des côtes, dans l’espoir d’échanger la verroterie de nos souvenirs contre le manteau de la mémoire, et de réchauffer ainsi la poésie devenue tellement frileuse. » (p. 70)

« (...) le langage est l’endroit rêvé pour cacher un trésor d’enfance, le seul endroit où il ait quelque chance d’être invisible et sauvé. » (p. 112)