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enfantines #4


 
 
Ta maîtresse maternelle porte un prénom que tu as oublié ainsi qu’un pantalon en velours côtelé vert, ça remue ses fesses. Depuis (tes cinq ans n’aidant pas) que les tiennes se sont mises à faire le balancier aussi (alors que jusque-là non, jamais pensé à ça), tu marches comme une fille et il faudrait que tu dormes, dit l’ogre.

Plus tard elle ne recevra jamais le dessin mal animé, très vert et flou, déchiré depuis, l’enveloppe en retour avec le tampon rouge et la signature du porteur de sacoches, brûlée. Plus tard encore tu porteras malhabile velours élimés et rapiécés après t’être enivré de New York Herald Tribune (le velours n’a rien à voir ici, c’est la coupe de cheveux de Jean Seberg la fautive, le coq-à-l’âne, la machine à revenir en maternelle).

Depuis, ta maîtresse s’imprime en garçonne à la verticale de ta Remember et toi dans ton corps d’enfant entêté, à bout de souffle derrière ton pupitre, aujourd’hui encore tu continues de semer à tout-va des clopinettes et des palimpsestes tout en jouant ton semblant de va-tout.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le lundi 11 octobre 2010