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quotidiennes XLV (14/s33)

_capra-shooting 1
#villersexel #nosamieslesbêtes

 
 
 
 

_capra-shooting 2
#villersexel #nosamieslesbêtes

 
 
 
 

_radio Burger
#montreuil #arte_radio #rodolpheburger #collector #unplugged #cadeaudujour

 
 
 
 

_ouïr sans entraves
#montreuil #arte_radio #ouïrauxtoilettes

 
 
 
 

_à l’âge de Lapetite
#quelquepartsurterre #maroc #1974 #photoexposéephotoretrouvée [1]

 
 
 
 

_qui s’affiche au Méliès
#montreuil #cinéma #méliès #filiation [2]

 
 
 
 

_les ciels déroutent
#quelquepartsurterre #undimancheenfrance #surlaroute #regardeleciel #parlavitre

 
 
 
 


_Photos : Villersexel, Montreuil & quelque part sur terre (11-17 août 2014)
 
_Le projet de GRAINS D’INSTANTS est de remonter le temps en images à partir du 18 avril 2012 où j’ai posté mon premier instantané sur le réseau social Instagram, en reprenant ou en modifiant les légendes et, en suivant son évolution, de voir ce que peut créer ce décalage spatio-temporel. Pour en savoir plus sur cette rubrique, suivez ce lien.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le dimanche 14 février 2016


[1Tu as deux trois ans pas plus, tes parents un peu moins de quarante-cinq à eux deux, ta sœur dix-huit mois disons. Vous habitez depuis un an dans une ville blanche près de l’atlantique au sud du détroit de Gibraltar. Vous la quittez parfois pour rejoindre la côte où ton père vous mitraille avec son appareil. Sur une des photos, tu tournes le dos à l’horizon, derrière toi on devine les rochers la côte découpée les rouleaux ; ici l’eau est plus chaude qu’en Bretagne. Tu es nu, du sel dans les yeux, tu ne sais pas cheminer en flottant. Avec tes cheveux bouclés un peu blonds, tes grands cils, tu ressembles à une fille.
Les gens de ce pays me regardent de travers, dit ta mère, me font peur, faut rentrer je vais en crever.
Ton père pense « mécanique », « soleil », une vie au soleil, mieux que l’enclave, mieux que la pluie et le froid, les patates et l’enclave, faire la mécanique pour les Peugeot. Ta sœur ne braille jamais, pas comme toi dirait-on.
Tu mets des plombes à t’endormir, tu te fais entendre de tout le monde, la nuit le jour, les voisins tapent contre les tuyaux, c’est fini ce bordel, en arabe tu ne sais pas comment on dit ça. Sur les photos, on voit bien que ta mère est triste, même quand ton père retourne les brochettes sur le balcon. Ta sœur et toi vous vous chamaillez. Après les pleurs : qui sait qui a commencé ?

[2Boyhood de Linklater ou comment sculpter en trois heures douze années d’une famille américaine en la suivant dans son quotidien, ses improvisations, ses failles, en la voyant grandir et vieillir : au sortir de ce film c’est mon propre rapport à la filiation et à la parentalité à travers le temps que je crois deviner dans les reflets.