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quotidiennes XLII (14/s30)

cher Cher 1

_cher Cher : l’horizon
#surlaroute #parlavitre #regardeleciel [1]

 
 
 
 

_cher Cher : les reflets, l’ombre et la lumière
#villequiers #LH [2]

 
 
 
 

_cher Cher : vers vert verre
#villequiers #LH #reflets [3]

 
 
 
 

_cher Cher : avant l’orage I
#surlaroute #regardeleciel [4]

 
 
 
 

_cher Cher : avant l’orage II
#surlaroute #regardeleciel [5]

 
 
 
 

_cher Cher : avant l’orage III
#surlaroute #regardeleciel [6]

 
 
 
 

_cher Cher : allées et venues
#surlaroute #undimancheenfrance [7]

 
 
 
 


_Photos : Sur la route et Villequiers (21-27 juillet 2014)
 
_Le projet de GRAINS D’INSTANTS est de remonter le temps en images à partir du 18 avril 2012 où j’ai posté mon premier instantané sur le réseau social Instagram, en reprenant ou en modifiant les légendes et, en suivant son évolution, de voir ce que peut créer ce décalage spatio-temporel. Pour en savoir plus sur cette rubrique, suivez ce lien.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le dimanche 24 janvier 2016


[1Sur la route, parfois je vois des bouches qui s’ouvrent et se referment : quelqu’un parle ou chante.
Dans la voiture, on parle aussi et on chante mais on entend pleurer et crier parfois. Tout se transporte et finit par ronronner – au bord de la route, celui qui attend n’entend que le bruit du moteur.
« Le décor s’aplanit, les courbes se défont / Tout se dégage, oui, sans doute las de t’attendre / C’est lui qui vient à toi ; il est là : l’horizon. » (Dominique A, L’horizon)

[2« (...) quelqu’un écrit un petit livre sur un voyage aux Açores, ou sur un présumé voyage, et ce qui lui reste en mémoire, plus de vingt ans après, n’est pas ce voyage, à supposer qu’il l’ait fait, mais ce qu’il a écrit dessus. » Antonio Tabucchi, Autobiographies d’autrui, Seuil (La librairie du XXIe siècle, 2002)
Quelqu’un d’autre photographie un monde inconnu de lui, un lieu nouveau, sans les vivants, sans les absents non plus – des traces de vies confondues, oui.
Ce qui se reflète ne dit pas la vérité.
Le château a le pouvoir de garder les corps au frais.

[3« Pour parler de soi, il faut chercher le soi qui n’est pas là, a dit quelqu’un, je ne sais plus qui. » (Antonio Tabucchi, Autobiographies d’autrui, Seuil (La librairie du XXIe siècle, 2002)
Celui qui n’est plus ce qu’il a été, en refusant son image dans le reflet, a évité de rester dans le passé.
Dans l’ombre des mouvements, je cherche un éclat de silence.

[4La première dent de Lapetite est en train de percer : deux petits trous sont apparus après sa sieste du matin.
Sur la route, j’observe le ciel, j’attends le faux pas, le mot de trop, les vents contraires, je vois bien quand la phrase est bancale mais je ne dis rien, j’entends le début d’une colère ou remarque quelle discussion entre nuages peut mal tourner, j’attends l’accalmie, je garde au creux cet instant de réconciliation entre l’air et la terre.

[5Autre jour, autre ciel en désordre. La pureté derrière le rideau noir, la terre qui respire et vient jusqu’à nous. « Les morts sentent bon », écrivait Eugène Savitzkaya dans les années 80.

[6La découverte d’une autre temporalité, d’un autre espace. Legrand est aux anges, avec ses « tontons ».

[7« Les plus belles histoires commencent toujours par un naufrage », écrivait Jack London.
À chaque passage, je suis tenté de prendre l’allée, de saluer chaque arbre. Dans la plaine, on les voit de loin, avant et après, on les suit, les longe, les admire. Ils sont nés avant nous, nous mourrons avant eux. Ils connaissent mieux l’Homme que nous mais ils ne diront rien : allez et venez, pensent-ils.