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Laurent Herrou | 4 octobre 2003

AOL me déconnecte, mais j’ai quand même le temps d’adresser les trois e-mails qui ont justifié ma connexion de ce samedi midi : le premier à l’attention de Henri, pour le prévenir que j’ai posté les épreuves relues et corrigées ce matin ; le deuxième à l’attention de Philippe, responsable de la communication à la Fnac de Nice, pour lui donner les coordonnées de Henri et prévoir une signature (ou plusieurs : il proposait Cannes et Monaco) ; le troisième vers Michel qui me demandait comment se passait l’attente pour moi, et à qui j’ai envoyé la phrase unique que j’ai écrite dans mon journal, hier soir.
À présent (je devrais écrire : à nouveau), c’est à moi d’attendre.
Week-end à la maison, journée grise, sans soleil. Le festival de Mouans-Sartoux nous attend, Françoise y signe Pan ! T’es mort, il devrait y avoir Claire Castillon également, je me suis dit que j’avais envie d’acheter son nouveau livre – mais mes velléités d’achat lors des salons sont souvent contrées par l’atmosphère étouffante du lieu, les regards des gens et ma position insupportable de spectateur. Jean-Pierre a rapporté de l’école le dossier de presse du festival de la Parole et du Livre de Saint-Laurent du Var, où figurent mon nom, ma photo et les éléments que je lui avais remis (dont la photo de mes deux livres, leur résumé) ; il a haussé les épaules tandis que je relisais ma page, il a dit : mais arrête, tu connais tout ça par cœur… J’ai rétorqué que je vérifiais les fautes éventuelles, mon boulot ces jours-ci. Il y a pas mal de petites modifications sur le dernier jeu d’épreuves, des répétitions, pas de fautes d’orthographe, un mauvais accord, plusieurs en vérité, un paragraphe qui me déplaisait, des mots en trop, inutiles. J’ai posté le jeu d’épreuves à Cessole ce matin alors que Jean-Pierre proposait que j’aille à la poste en face du café, à la Libération ; j’ai refusé, j’ai tenu bon, il a dit : il faudrait que tu te débarrasses de tes phobies ! J’ai répondu que ce n’était pas une phobie, mais au contraire une philie que d’aller à Cessole, au bureau de poste que j’affectionnais. Évidemment, il y a eu un problème lorsque le préposé derrière son comptoir a balancé mon enveloppe avec autant de respect qui si ça avait été sa poubelle : l’enveloppe s’est pliée, elle a résisté pourtant, j’ai retenu mon souffle, mon horreur, j’ai prié pour que les pages arrivent saines et sauves, je ne vais plus penser qu’à cela à présent, à l’e-mail de Henri dans une semaine qui me dira qu’il n’a toujours rien reçu – Jean-Pierre au café, mort de rire…
Week-end loin de la Fnac – mais j’envoie un e-mail à Philippe.
Week-end, et on a dormi, tard, ce matin, levés à dix heures, il est midi et demi et j’ai la sensation, quand même, d’avoir accompli mille choses aujourd’hui. Les épreuves sont dans un sac postal, dans un train, un camion, elles vont passer d’un sac à l’autre, jusqu’à Béziers où Henri les ouvrira, les reprendra pour une dernière mise au point – puis le livre à l’impression, et l’objet-livre, Femme qui marche, bientôt.

À Hubert Colas :
« vous envoyer septembre, vous écrire peut-être…
– ou vous avoir écrit ?
vous envoyer, comme l’an dernier, mon mois de septembre
envoyer : de moi à vous
de vous à moi ?
rien, rien pour le moment
vous pouvez : lire, ne pas lire, choisir, répondre, ne pas répondre
n’avoir rien à en dire, n’avoir rien à répondre
vous pouvez : vouloir lire, avoir envie de lire
avoir encore envie de me lire, ce que vous disiez l’an dernier
c’était l’an dernier
septembre de nouveau
un mois dans l’année, que je vous consacre
que je vous offre peut-être
– est-ce un cadeau ?
bien à vous »

Envoyé à 19:10.


_résidence Laurent Herrou | Avant | 4 octobre 2003

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le mercredi 20 novembre 2013