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Laurent Herrou | 28 septembre 2003

Dimanche, pluie. Le bonheur.
Dimanche, pluie, on s’est réveillé puis rendormi, bercé par le bruit des gouttes sur le vasistas, puis le rideau de pluie devant les fenêtres. On s’est levé tard, vers onze heures. La pluie ne nous a pas empêchés d’aller boire un café à la Libération, de nous acheter un poulet, des pommes de terre, du garlic bread en sachet. Il faisait presque froid, c’était une bénédiction. La pluie ne cesse pas – et le nouveau voisin, qui emménage aujourd’hui, a mal choisi son jour. Il y a eu des travaux dans la cage d’escalier hier, et les murs sont blancs. Les ouvriers ont déchiré nos affiches, Douglas Gordon et l’expo japonaise, on s’est dit avec Jean-Pierre que ça ne faisait rien, que c’était un temps révolu. Les plantes de l’entrée prennent l’eau sur le balcon, je passe la tête par le fenêtre, leur parle, les encourage. Storm.
Dimanche…
On range l’appartement, on aspire sous le lit. Jean-Pierre trie les magazines, on mange. Un verre de vin rouge pour accompagner le déjeuner. On n’est pas habillé malgré la température – ou peu. On s’est connecté sur internet, il n’y avait que des publicités, on a cherché des disques pour Jean-Pierre, Ikeda et Alva Noto, j’ai commandé sur le web, carte bancaire, j’en ai eu marre d’être frileux avec le fric. Jean-Pierre était heureux comme un petit garçon à qui on offre une surprise, le tout a pris moins d’une demi-heure, j’ai été heureux, de mon côté, qu’AOL me serve à quelque chose (d’autre que). J’ai dit à Jean-Pierre que je le regretterais peut-être lorsque mon compte en banque serait entièrement vidé – interrogation du compte plus tôt, deux mille six cents euros, déception… Ensuite j’ai dit la vérité, qu’au fond je m’en foutais. J’ai dit : après tout, c’est que du fric… Et du fric, je sais que je peux en gagner. Donc.
On a lu ensemble, aussi, la réponse que j’avais reçue hier des éditions H&O : Henri envoyait le nouveau jeu d’épreuves, il en envoyait un exemplaire à Céline et Olivier à Montpellier (dédicace chez Sauramps ? à la Fnac ?), il proposait de me recevoir chez lui (chez eux : Henri & Olivier ?) pour la signature du service de presse, disait que pour les signatures, tout dépendait de moi, de mon engagement, de ma volonté à défendre le livre. On en a parlé avec Jean-Pierre, on cherchait des lieux. À Nice, il proposait le Keep in Touch – pourquoi pas, en effet ? J’ai parlé de Paris, je me demandais s’il y aurait des propositions, des envies. Il ne faut pas se précipiter, il faut voir venir. Je vais attendre le nouveau jeu d’épreuves, le renvoyer quelques jours plus tard, puis attendre le livre, la première édition. Femme qui marche en mains.
Dans le programme de l’Espace Magnan, le résumé de La vie nue m’a interpelé :
« C’est d’abord l’histoire d’un homme qui meurt puis l’histoire d’un homme après sa mort. C’est aussi l’histoire vagabonde des hommes et des femmes qui l’accompagnent. »
Je trouvais que cela ressemblait à mon sujet, Jean-Pierre l’a lu avec plus de recul, il entendait autre chose que ce que j’entendais moi. Ça m’a rassuré. Le film était défendu par les Inrocks, ça m’a encouragé aussi.
Dimanche.
Hier soir la photographie de Nina Myers concluait le quatrième épisode de la deuxième saison de 24.


_résidence Laurent Herrou | Avant | 28 septembre 2003

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le jeudi 14 novembre 2013