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Avant | 26 juin 2003

Olivier Roche m’avait envoyé un carton d’invitation en pièce jointe à un e-mail que j’ai trouvé ce soir en me connectant, voulant vérifier s’il y avait quoi que ce soit – mais juste son envoi, et un message de Françoise qui s’interrogeait sur un mail de ma part portant le titre de « frameborder », courrier que je n’ai jamais envoyé, le mystère demeure… La pièce jointe d’Olivier Roche non seulement ne s’ouvrait pas, mais elle faisait déconnecter AOL en ne parvenant pas à s’ouvrir : j’ai finalement réussi à transmettre le message vers Jean-Pierre, à son e-mail de l’école, de PC à PC, qui bien entendu ne posera pas de problème. Je suis fatigué des constants problèmes que je rencontre avec internet, je suis fatigué du fait que de PC à Mac cela pose toujours autant de problèmes (j’imagine bien les conflits d’intérêt, et d’argent, entre les deux entités, mais merde !). Jean-Pierre arrive de l’école (20:15), il me dit qu’il a reçu le carton lui aussi, déjà, que je ne m’inquiète pas, je lui raconte, ça le fait rire, mon visage crispé, mes cheveux encore humides de la douche prise en rentrant, et le dos transpirant, sueurs froides, énervement. Au boulot même combat : la chaleur colle à la peau dès le matin, les vêtements puent dès que l’on range trois bouquins en rayon, la climatisation ne fonctionne pas, ou pas bien, ou mal, inadaptée, les cadres s’en foutent, le directeur blâme la météo extérieure, apparemment le système climatisation de la Fnac est fonction de la température extérieure, le directeur répond à une employée qui l’interroge sur l’insoutenable chaleur du magasin qu’il y fera bon lorsqu’il fera meilleur à l’extérieur ! On est à Nice, c’est le mois de juin, l’été commence à peine. On rêve…
Énervements, énervements successifs, je sens bien que je ne suis plus dans un état normal, je ne sais pas s’il faut blâmer la chaleur, les collègues, le travail inachevé, du moins incomplet, que je fournis, par manque de temps, de compétence, de consignes données, par pression que je me mets tout seul, à vouloir toujours que mon travail soit parfait, je ne supporte pas le désordre, le bordel, la méconnaissance, l’amateurisme, voilà : je ne supporte pas d’être pris au piège par les clients des rayons Droit ou Informatique, de passer pour un incapable parce que je ne comprends pas leurs questions, je ne supporte pas cette impression d’être un abruti, je veux que l’on me respecte, que l’on continue à m’admirer, pour ce que je fais, et comment je le fais. Cela a à voir avec le livre aussi, je pense, le nouveau livre, l’envie du nouveau livre, de la référence, de Laurent Herrou l’auteur, de nouveau, pas ex de l’Accueil nouveau vendeur du rayon Droit Eco Info, le spécialiste du rayon comme disent les connes avec qui je travaille (elles le font entre elles, se faisant passer pour des connes l’une l’autre), cela a à voir avec la nouvelle parution, avec l’envoi, avec l’attente qui se remet en place – c’est aussi pour cela que je connecte internet, pour voir si Henri a reçu mes envois, s’il est content, mon besoin de reconnaissance forcené se réveille à nouveau, je vais espérer mille choses et ne pas me contenter des bonheurs que j’aurai en retour, je vais me faire souffrir, et les faire souffrir, je vais souffrir, à moins que je me ressaisisse à temps, que je comprenne, que j’analyse, que je calme le jeu, que j’accepte de regarder le miroir, de prendre quelque chose, de l’ordre du médicament, un calmant, qu’il soit réel ou fictif, qu’il soit physique ou psychologique, que j’accepte enfin de me dire que je n’ai rien à me reprocher : je n’ai rien à me reprocher.


_résidence Laurent Herrou | Avant | 26 juin 2003

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le samedi 29 juin 2013