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à terre

 

_il a les bras tendus bras en croix, l’homme à terre à la tête coupée, mais il n’attend plus la relève, il sait par expérience qu’on ne le relèvera pas (la terre a longtemps tourné dans le vide de sa tête décollée et il ne compte plus le nombre de vertiges ni le reste : jours nuits fériés)
_l’homme à terre n’est pas de terre n’est pas sur terre, il est à terre mais ignore que ce n’est pas directement la terre qui l’a fendillé, c’est le béton qu’on a posé sur la terre qui a craquelé sur elle, sous lui, en lui (depuis, le sol croise notre homme à terre, ses lignes de vie)
_l’homme qui regarde l’homme à terre le quittera bientôt : la terre continuera de tourner, la tête ne tournera plus, le premier quittera sa pierre, l’autre s’effacera peut-être et on viendra le remplacer (il faut toujours des hommes sur terre pour peindre des hommes à terre et signaler à ceux qui ne sont pas encore tombés qu’ils ne sont pas des lignes continues mais des pointillés dans l’espace qu’on peut écrabouiller les jours de fièvre)

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le mercredi 20 février 2013

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