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kwakizbak #50


 
 
Kwakizbak et Kudmatrak viennent d’être libérés, on aurait pu prendre une photo, il y avait de quoi faire. Ensemble, main dans la main ils ont franchi la ligne d’arrivée, ils ont coupé le cordon, entre leurs dents ils ont sifflé On n’est pas seul dans sa peau et la porte s’est refermée.

On les a perdus de vue. On est passé à autre chose (coup de fil de Shelle – mais qui se souvient encore d’elle ?) puis on les retrouve, dans l’hémisphère nord toujours mais plus à l’ouest. Six heures de voyage, six heures de décalage. On les remercie.

Le sourire au ventre (ils ont bien bossé, leur matinée a été fructueuse) ils décident de se payer un café noir sucré pour accompagner les fruits et le pain brioché qu’un enfant est venu leur apporter.

Ils entrent dans une brasserie, le vieux monde les surprend, On ne se refait pas dit le patron. Au bar, une dame avec du lilas rose dans les cheveux les dévisage tandis qu’un jeune homme, sur le côté, est penché sur son flipper. Après avoir bu son café et répondu à ses clins d’oeil insistants, Kwakizbak rejoint la dame au lilas rose dans l’arrière-cour. On les laisse faire, c’est Kudmatrak qui nous inquiète. Pas besoin d’être derrière une caméra de surveillance, on voit bien qu’il n’avale rien, qu’il ne peut pas. D’ailleurs il sort de la brasserie sans attendre le retour de Kwakizbak (sûr qu’ils ne se reverront jamais), sans même un regard pour celui que le flipper vient de blâmer d’un tilt bruyant et qui peut-être se retournera dans un instant et se demandera (comme tout ça est hypothétique !) où son père peut bien aller à une heure pareille.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le samedi 22 mai 2010