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kwakizbak #31


 
 
– J’ai peut-être mes idées reçues mais je ne veux plus être mon propre esclave, me dit Kwakizbak en sortant de ma salle de bain dans laquelle il jouit depuis une semaine.

Depuis que monsieur a rencontré Shelle, il refuse de retourner chez lui et s’interdit de faire comme s’il n’était jamais né. Il prétend même qu’il n’a pas peur de crier, n’a plus peur que quelqu’un entende ses cris d’amour et de jouissance (ce que, du reste, j’avais remarqué).

– Ton corps s’exprime, Kwakizbak, voilà tout, dis-je un peu blasé par tant d’excès.

Il a quitté la camera obscura, dit qu’il a trouvé la chambre à soi, la chambre en soi, là où se fait le silence, le bruit, la stupeur aussi, et qu’il est devenu une bibliothèque de citations, de sons, d’images, où l’argentique troue le temps.

– Quand je m’y promène, dit-il encore (tandis que des chèvres naines lui lèchent la plante des pieds), je croise régulièrement des figures connues, des personnages qu’on se partage, cette famille qui n’aura jamais de tombeau. Cette chambre à soi est le plus bel abandon du monde, tu devrais essayer.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le mercredi 10 mars 2010