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kwakizbak #21


 
 
Les hommes se sont partagés des morceaux de siècles. Ils ont débité les décades comme des rondins et les ont regardé se consumer dans leur cheminée. Pendant ce temps Kwakizbak s’est saigné – et plutôt deux fois qu’une – mais au bout de sa quarantaine raccourcie il n’a trouvé que visages tournés vers la lune.

Alors il s’est cogné à la vie à la mort et il est revenu les poches vides, le cœur plein de remords.

Il s’est coupé – croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer – et c’est là qu’il a fini par perdre le contrôle de ses nerfs.

Pourtant un simple mot, simplement un mot, même bref, un seul mot de Kudakud aurait suffi à changer le vide de ses jours noirs.

Kwakizbak, fatigué par les lignes à haute tension, les rails et les pistes d’atterrissage, croit désormais qu’il est devenu un héraut revenu des Enfers.

Et c’est au moment où il sort de sa maison de repos que l’aube se met à reculer.

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne et dernière modification le lundi 25 janvier 2010