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virée rouennaise (impressions, soleil couché)

Rouen, impressions soleil couché sur le musée des Beaux-Arts. Radiohead et Kat Onoma dans la nuit. Derrière la carapace de pierre, où l’on a cathédralisé Monet, traverser des ponts qui ne sont plus – bombardés, remplacés ou customisés pour l’occasion. Les longilignes de Lemaitre, elles, continuent de se déhancher, parapluie tendus, sous la pluie, silhouettes d’un autre temps mais le mouvement, lui, dans la rétine. Retenus aussi les ciels, souhaiter qu’il pleuve sur le peu de pavés restants. Pour oublier les autobloquants et les places carrées qui aseptisent l’ivresse et le son d’un Django dans son lutrin d’un soir.

Quand les couleurs d’un soleil nocturne se font lanterne magique, c’est l’enfance en retour, où Joseph Roulin sans mots de Michon se frotte à la Berthe de Manet.

De gauche à droite, volutes et tourbillons, hommes et femmes connus un jour, leur nom oublié depuis, cyprès enflammés et déjeuners sur l’herbe, descente en canoé, floutés, tous prêts à entrer par les fenêtres d’un musée où ils ne trouveront pas leur maître.

Explosion des jaunes et des rouges après le bleu de Chine et le noir encré, l’impression d’ombres d’un ailleurs refoulé qui hante souvent, cent ans avant sa propre naissance, de danses de lumière.

Là, chercher derrière la transe rétinienne, l’accident dans la fixation, la numérimpression. Dans ce do you know what I mean, ce fracas.
 
 
 

 

écrit ou proposé par Christophe Grossi - @christogrossi
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première mise en ligne et dernière modification le mercredi 25 août 2010